LE SORCELEUR

Le Dernier voeu

Andrzej Sapkowski

Chronique

06/09/20

Geralt de Riv est un homme inquiétant, un mutant devenu le parfait assassin. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur, et Geralt est plus qu'un guerrier ou un mage. C'est un sorceleur. Au cours de ses aventures, il rencontrera une magicienne aux charmes vénéneux, un troubadour paillard au grand cœur... Et, au terme de sa quête, peut-être réalisera-t-il son dernier vœu : retrouver son humanité.

     Le Sorceleur, aussi connu sous le nom de The Witcher dans ses adaptations en jeux vidéo et en série, est une saga fantasy-médiévale que j'ai beaucoup aimé. C'est après avoir regardé la série sur Netflix que j'ai découvert cet univers et eu l'envie de lire les livres, dont je n'avais jusqu'alors jamais entendu parler. Et c'est une belle surprise !

   J'ai tout de suite été frappée par la richesse de l'univers et du folklore créés par l'auteur. On se retrouve plongé dans une ambiance fantasy-médiévale sombre, voire effrayante sous certains aspects, dans laquelle cohabitent créatures de toutes sortes et humains, ces derniers étant d'ailleurs représentés de façon assez défavorable. On y retrouve donc magie et enchantements, monstres et forêts sombres. Mais le monde imaginé par Andrzej Sapkowski se démarque des autres romans de ce genre par la richesse de son bestiaire et, comme dit plus haut, de son folklore. En effet, les terres sont peuplées de créatures très diversifiées et originales.

"-(...) une manticore, une wyverne, un brouillardier, une aeschne, un rynchote, une chimère, une goule, un vampire, un graveir, un loup-garou, un gigascorpion, une strige, une mangeresse, une kikimorrhe, une vyppère."

 D'autre part, le texte est caractérisé par un vocabulaire propre inventé par l'auteur, qui a même créé une langue ! Chaque peuple possède des particularités uniques à son langage, que ce soit un accent ou bien un jargon spécifique. Et j'ai adoré cette diversité, cette originalité des mots et des termes employés, et le grand point positif est que l'on ne s'y perd pas, il est très facile de les comprendre.

   Venons en donc à la plume de Andrzej Sapkowski. Elle est incroyable. Son style d'écriture est clair et audacieux, très riche, avec en arrière-fond une touche d'humour assez sarcastique qui rend un ensemble très plaisant à lire. Je m'attendais à être confrontée à de longues phrases complexes et à des descriptions sans fin du type Seigneur des Anneaux (un chef-d'oeuvre hein, c'est une de mes trilogies préférées), mais ce n'est pas du tout le cas. Le texte se lit bien, et on ne trouve aucune longueur. Les chapitres s'enchaînent avec des combats démesurés, des révélations énormes, des résolutions et des changements de situation imprévus, des comportements de personnages délirants etc... On en prend vraiment plein la vue !

    Les personnages sont eux aussi un gros point positif du livre. Parmi aux se trouve bien sûr Geralt, le héros de l'histoire. Geralt est un sorceleur, un mutant destiné à protéger les Hommes en les défendant contre toutes sortes de monstres. Comment ne pas s'y attacher ? Malgré tous ses services et ses exploits, le sorceleur est assez mal vu, peu aimé par l'ensemble des humains. Et j'ai trouvé cela injuste. C'est un homme courageux et attachant, doté d'un humour fin et sarcastique. Malgré sa profession de tueur de monstres, Geralt fait tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas en devenir un lui-même. Il a son propre code d'honneur. Voici une petites citation qui m'a beaucoup marqué :

"- Les gens, dit Geralt en tournant la tête, aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. Ça leur donne l'impression d'être moins monstrueux eux-mêmes."

Geralt est certes un mutant, il en reste néanmoins le plus humains des personnages. J'ai également beaucoup beaucoup aimé Jaskier, troubadour drôle et grossier, l'exact opposé du sorceleur; et j'ai très envie d'en apprendre plus sur Yennefer dans les prochains tomes, elle m'intrigue beaucoup.

   J'ai de nombreuses fois été perdue dans la temporalité du récit, aussi bien dans le livre que dans l'adaptation Netflix. L'histoire se construit en deux parties. La première s'organise en chapitres conçus sous formes de nouvelles indépendantes les unes des autres, ce qui perd le lecteur dans la chronologie. Certains pourraient penser que ces nouvelles nous sont racontées sans suite ou raison logique apparente, mais j'imagine que tout se complétera dans les prochains tomes. De plus, ces nouvelles permettent de révéler aux lecteurs des informations capitales sur Geralt, sur l'univers, et de faire apparaître de nouveaux personnages qui prendront de l'importance dans la suite. J'ai aimé retrouver certains contes tels que celui de La Belle et la Bête ou encore du génie de la lampe.

La deuxième partie de l'histoire est construite sous forme de chapitres intitulés "La voix de la raison" situés entre chaque nouvelle. Ils forment pour ainsi dire le fil conducteur de l'histoire.

   Malheureusement, bien que j'ai beaucoup apprécié cette lecture, je ne suis pas toujours entrée pleinement dans l'histoire, et j'avais parfois tendance à décrocher ou à penser à d'autres choses pendant que je lisais...

      Ce premier tome du Sorceleur est donc un livre assez introductif qui met en place les bases de l'univers. Amoureux de la littérature héroic-fantasy, ne ratez cette saga sous aucun prétexte !

N'hésitez pas à me contacter !