Robin des Graffs

Chronique 

03/08/21

Muriel Zürcher

COUP DE 

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La nuit, Sam dessine des couples d’animaux sur des bâtiments de Paris. Bien malin qui pourra attraper celui que la police a surnommé Robin des graffs. C’était sans compter Lilibelle, alias Bonny-la-Rebelle, une drôle de gamine qui a fugué de son foyer. Pas question pour elle de lâcher la main de ce graffeur au grand cœur, son « kidnappeur » !

Edition : Gallimard Jeunesse
Collection : On Lit Plus Fort
Pages : 284

Un grand merci à Gallimard Jeunesse pour m'avoir fait découvrir ce magnifique roman que j'ai adoré !
En librairie dès le 25 août !



La nuit, celui que l’on nomme Robin des Graffs réalise sur les murs de Paris des fresques d’animaux au réalisme exceptionnel. Recherché par la police, sa vie va être bouleversée par sa rencontre avec Bonny-la-Rebelle, une petite fille d’à peine cinq ans qui semble bien déterminée à ne pas le lâcher. Commence alors une enquête des plus surprenantes à travers les rues de la capitale, mêlée de sentiments et d’une tendresse émouvante qui fait de Robin des Graffs un roman sensible et poétique.

   Ce court roman a été un magnifique coup de coeur. Comment rester insensible à la beauté à la fois poétique et humaine qui se dégage du récit ?

   La plume de Muriel Zurcher est certes simple, mais surtout sincère.
La justesse de ses phrases révèle toute la douceur du texte, tout en abordant de nombreux sujets sociaux assez délicats: l’abandon, les conditions de vie des sans-abris, les relations familiales, la différence, la solitude, la vieillesse… Il s’agit donc d’une histoire très humaine, pleine de tendresse et se sentiments. Cette lecture m’a beaucoup émue, j’ai même versé une petite larme à la fin.

   Nous suivons l’histoire sous plusieurs points de vue, faisant du récit une chorale d’âmes humaines, comme l’est la chorale « Les Copains d’Abord » mentionnée dans l’histoire. Nous avons donc : une dame âgée plus maline qu’elle ne semble le montrer ; une boulangère au coeur aussi tendre qu’une brioche ; un jeune flic prêt à tout pour se faire une place ; un directeur de foyer papa-poule ; une sans-abris amoureuse de la vie ; une commissaire qui ne distingue plus boulot et’ vie privée.
   Et puis il y a Sam et Bonny, nos deux héros, deux rejetés de la société livrés à eux-mêmes. Comment ne pas s’attacher à eux ? Sam est un jeune homme doux, un Robin des Graffs au grand coeur, qui subit sa vie de fugitif tout en s’attachant à Bonny-la-Rebelle. Nous vivons la majorité du récit à ses côtés avec ses doutes, ses galères et sa mission. Quant à Beni, elle est extraordinaire ; une véritable boule de fraîcheur et d’innocence sur pattes, positive, enthousiaste et créative.

   Je ne suis pas une grande amatrice de romans policiers, mais j’ai pourtant suivi cette enquête avec assiduité. D’autre part,
le récit est tellement beau, tellement émouvant qu’on ne peut tout simplement pas s’en détacher. Il se lit d’ailleurs très vite, et cela est notamment dû à la très courte durée des chapitres. Le rythme en est pas conséquent dynamique, il n’y a pas une seule longueur !

 

 
 Robin des Graffs fait partie de ces romans marquants, court mais intense en émotions. Une petite pépite scintillante, apaisante.