Red Man

Jean-François Chabas

Chronique

13/02/21

COUP DE 

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Dans le centre rouge de l’Australie, les méfaits de la colonisation ont précipité les natifs dans l’alcool, la violence et la consommation d’une drogue qui ravage corps et cerveau. Marvellous, jeune Aborigène déjà accro à l’ice, est réduit au vol pour survivre. Même le Red Man, guerrier magique et mystérieux de la tradition aborigène, semble incapable de le sauver.
Mais dans le désert, une rencontre va bouleverser sa vie à jamais.

Edition : Au Diable Vauvert

Pages : 120

                     En premier lieu, je voudrais remercier les éditions Au Diable Vauvert pour leur confiance et l'envoi de ce Service Presse ! Merci pour cette magnifique découverte ! 😊

      "Moi, je suis Amangu, de la tribu des Pitjantjatjara. Moi, je sais qui je suis. Je m'appelle Marvellous, et mon peuple a toujours été là, des centaines de siècles avant que ce pays s'appelle l'Australie.

   Au moment du Tjukurpa - la création de notre univers, que certains appellent le rêve, - nos ancêtres, les Tjukuritja, qui étaient des gens, des plantes et des animaux, ont voyagé partout sur la Terre pour y créer tout ce qui s'y trouve auourd'hui.

   Moi, je sais que c'est ainsi. Je sais que les chemins tracés par les Tjukuritja sont les iwara, les chemins du rêve. Si j'en suis sûr, c'est parce qu'ici, dans le désert, je marche dans le sillage des ancêtres, tous les jours sous le soleil écrasant, toutes les nuits sous les étoiles et la lune."

   

    Red Man est un roman fort et poignant. C'est un cri de détresse au nom des peuples aborigènes, qui au fil des jours souffrent et disparaissent.

   

  Nous suivons l'histoire aux côtés de Marvellous, un jeune aborigène de la tribu des Pitjantjatjara, qui ne croit plus vraiment aux traditions de son peuples et qui chaque jour s'enfonce d'avantage dans la drogue et l'alcool, ces "poisons" apportés par les blancs qui ravagent les tribus.

  Dès les premiers chapitres, nous ressentons la souffrance indicible de ce jeune garçon qui, pour ses 13 ans, a vécu bien trop d'atrocités : la mort de ses parents, les suicides de ses proches, la disparition de son peuple, la sécheresse, la famine... Marvellous est très attachant et loin d'être naïf. On veut qu'il s'en sorte, qu'il se défasse de ces poisons, on sent qu'il peut y arriver ! J'ai aimé sa force et sa détermination qui s'accroissent au fil des pages; j'ai aimé ses pensées et sa façon de voir le monde, de vivre avec la nature, de goûter la vie.

     Ce roman est une véritable Ode à la nature, à la liberté et à la tolérance. Les descriptions des paysages sont magnifiques, suppléées par une touche poétique apportée par les croyances aborigènes. C'est une plongée en pleine immersion dans le désert australien.

    J'ai été marquée par tout le vocabulaire aborigène que l'on découvre dans le roman, ainsi que par les traditions qui y sont évoquées. Cela se ressent que l'auteur, qui a séjourné à deux reprises au sein des tribus avant d'écrire le livre, s'est imprégné de leur culture et a été fasciné par leur mode de vie, qu'il respecte leurs coutumes. Son écriture est d'ailleurs addictive et percutante; chaque mot marque la conscience du lecteur. La petite taille du roman rend le récit d'autant plus marquant. 

    L'auteur décrit avec justesse les conditions des aborigènes d'aujourd'hui, et c'est abominable. Ces tribus ne sont ni respectées, ni prises en considération; elles sont méprisées, ignorées. J'avoue que, comme beaucoup de personnes, je ne connaissais vraiment rien de la culture aborigène ni de leur maltraitance, et j'ai été profondément choquée par ce que ce peuple subit.

     Lisez Red Man, parlez-en, partagez-le. Faisons prendre conscience au monde, par nos moyens, l'urgence de la situation aborigène !