Chronique

22/07/22

Eléonore Devillepoix

La Ville sans Vent

COUP DE 

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A dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.

Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ça tombe bien, elle a tendance à les déclencher…

Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.

 

Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Edition : Hachette Romans

Pages : 447

   La Ville sans Vent est une petite pépite aussi scintillante que sa couverture. Nous y découvrons la magnifique cité d'Hyperborée aux tours chatoyantes, préservée de l'extérieur grâce à son dôme protecteur et aux mages.

 

   Quel dépaysement ! Quelle immersion ! Hyperborée est pleine de promesses, pleine de magie. C'est avec des yeux émerveillés que l'on navigue à dos de tortue sur ses canaux suspendus. C'est avec frénésie que l'on assiste au prix du Basileus et que l'on participe à la cérémonie de l'Attribution pour devenir apprenti mage. L'univers de ce roman est d'une telle richesse ! Tout est imaginé avec le plus grand soin, jusqu'aux petits objets et habitudes du quotidien. Nous n'imaginons pas Hyberborée, nous y sommes !

   Je suis vraiment tombée sous le charme de la cité, bien qu'elle soit très hiérarchisée. Comme la plupart des villes de fantaisie, elle est corrompue jusqu'à ses sommets. La répartition sociale entre les étages des tours est très inégalitaire. Tandis que les hauts dirigeants politiques profitent de la belle vue du haut des sommets, la population pauvre croule sous les ordures à l'ombre des tours. Mais en plus de l'inégalité des classes et du rejet social, La Ville sans Vent aborde avec justesse de nombreux autres sujets tels que la corruption bien sûr, mais aussi le racisme, le féminisme, la guerre et l'abus de pouvoir.

   Par conséquent, la première partie du récit met avant tout en place les bases de l'intrigue et de l'univers, mais tout s'accélère à partir du moment où les deux personnages principaux se rencontrent. Et l'histoire nous en fait voir de toutes les couleurs ! On va de surprise en surprise sans jamais rien voir venir ! Entre enquête, meurtres, magie et jeux de pouvoir, le suspense nous tient en haleine du début à la fin ! Tout le long du récit, nous amassons des indices qui attisent notre curiosité et nous impliquent pleinement dans l'enquête. Pourtant, il reste toujours cette désagréable impression qu'il nous manque des clefs, ou que nous avons toutes les cartes en main mais qu'un élément sonne faux. Comme les personnages, nous sommes véritablement entrainés au coeur des complots politiques qui régissent officieusement Hyperborée.

   Arka et Lastyanax forment un duo étonnant mais touchant. Tout les oppose et d'ailleurs, ils se détestent et se méprisent. Il faut avouer que leur relation initiale est assez drôle à lire. Néanmoins, les événements vont les pousser à nouer un lien presque fraternel. Et j'ai beaucoup apprécié la tournure de leur relation. Mais attention, ce n'est pas une romance ! Et heureusement, car Arka n'a que treize ans quand Lastyanax en a dix-neuf.

  La jeune fille est d'ailleurs très attachante par son aptitude bourrue, elle m'a bien amusée. Avec toutes ses péripéties, il est impossible de s'ennuyer avec elle ! 

  Cependant, Lastyanax reste mon héros préféré, ce sont ses chapitres que j'attendais avec le plus d'impatience. Plus mature et réfléchi, j'ai adoré découvrir la politique d'Hyperborée à ses côtés.

   Eléonore Devillepoix a une très belle plume, parfaitement adaptée aux situations et aux personnages. Souple et recherchée lors des chapitres du point de vue de Lastyanax, elle est plus naturelle et impulsive chez Arka. Même dans leurs dialogues, ils n'ont pas le même langage en fonction de leur interlocuteur. L'écriture de l'autrice est ainsi très vivante et même teintée d'humour !

   A la fin de ce premier tome, beaucoup de mystères encore irrésolus restent en suspens, et il me tarde de les révéler dans la suite ! La Ville sans Vent est donc un coup de coeur qui reste longtemps en mémoire !