Chronique

17/06/22

Sera Milano

Et Pourtant nous sommes vivants

COUP DE 

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Au festival d’Amberside, l’impensable se produit: pendant le feu d’artifice, des terroristes tirent sur la foule. Cinq adolescents témoignent. Il y a Joe et Ellie, aussi beaux et magnétiques l’un que l’autre ; Violet, élève sérieuse et douce ; Peaches, passionnée de théâtre ; et March, qui fait tout pour passer inaperçu au lycée. Au cours de cette nuit tragique, ils vont se croiser, s’aider, se perdre, se retrouver. Seule compte une chose: survivre… et vivre à nouveau.

Edition : Gallimard

Collection : On Lit Plus Fort

Pages : 317

    J’ai commencé ce roman un peu à reculons car j’avais peur de tomber dans un drame lourd et plombant. Et ça ne fut pas du tout le cas. Et Pourtant nous sommes vivants est un récit intense, poignant, terriblement marquant. Oui, tout cela à la fois et bien plus encore.

 

 

Une soirée. Un concert. La foule.

Des tirs. Des terroristes. Un attentat.

Et au coeur de la cohue et des mares de sang, cinq jeunes prêts à tout pour survivre, pour se sauver et s’entraider. Cinq jeunes dont les chemins vont constamment se croiser et qui vont nouer un lien indestructible.

 

 

   L’histoire de ce roman est terrible. Comme les personnages, nous sommes pris dans ce déluge d’horreur, dans ce mouvement de panique généralisée sans savoir quoi faire. En tant que lecteurs, nous ne pouvons qu’assister, impuissants, au massacre. Et pourtant, c’est bien en tournant les pages que nous pouvons les aider. Car avancer dans le livre, c’est s’approcher de la fin ; c’est donc libérer nos cinq jeunes héros. Le récit se lit très vite puisque faire une pause ne serait-ce que cinq minutes, c’est abandonner nos personnages cinq minutes de plus dans ce cauchemar…

 

   J’ai particulièrement apprécié la plume de Sera Milano : juste, vivante, moderneEt Pourtant nous sommes vivants est un roman choral dynamique à la narration percutante et vive. Joe, Ellie, Violet, Peaches et March prennent la parole à tour de rôle, leurs paragraphes se répondent et se complètent comme si ces cinq jeunes si différents ne formaient qu’un, cinq éléments d’un même ensemble. Ils sont tous très touchants par leur courage et leur détermination, mais surtout par leurs faiblesses et leur désespoir. Car ce ne sont pas des héros romanesques, mais de simples ados victimes de la pire des situations…

 

   Ce roman n’est pas seulement la description d’un attentat sanglant, mais un récit qui met en avant la résilience, la reconstruction de soi, la solidarité. C’est beau, c’est juste, c’est touchant. Et ce qui est peut-être le plus important, c’est que l’autrice ne s’attarde pas sur les terroristes. On ne sait pas qui ils sont, ni quelles sont leurs motivations et on s’en moque ; on ne veut pas le savoir. Le sujet principal, ce sont les victimes.

 

 

      J’ai conscience que ma chronique n’est pas très longue mais pour être honnête, j’ai du mal à trouver les mots. Et Pourtant nous sommes vivants est un roman vibrant et d’une très grande justesse, un roman à couper le souffle.