Chronique

17/02/22

John Green

Bienvenue dans l'Anthropocène

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Edition : Gallimard

Collection : On Lit Plus Fort

Pages : 357

L’Anthropocène est l’époque géologique actuelle, caractérisée par l’impact considérable des humains sur la planète et sa biodiversité. Dans les 44 essais réunis dans cet ouvrage, John Green explore différentes facettes de notre planète humano-centrée, abordant des sujets aussi variés que l’art rupestre de Lascaux, les couchers de soleil et Les Pingouins de Madagascar, et leur attribue une note de 1 à 5 étoiles.

Merci à Gallimard Jeunesse pour l'envoi !

 

    Avec Bienvenue dans l’Anthropocène, John Green offre aux lecteurs un vaste champ d’interrogations portant sur l’Homme, ses préoccupations et son rapport au monde. Il s’agit donc d’un livre très différent de ses précédents, d’autant plus que ce n’est pas un véritable roman mais plutôt un recueil de chroniques assez courtes, mais percutantes.

 

   

   Dans cet ouvrage, l’auteur aborde de nombreux sujets très variés, passant de la peste à Super Mario Kart, en conservant toujours cette plume teintée d’humour qui le caractérise. C’est réellement son écriture qui m’a transportée jusqu’au bout du livre, avec ses remarques parfois cyniques, son auto-dérision et la finesse de ses propos. Avant même de me sentir concernée par les sujets abordés, je me suis imprégnée de son écriture, de ses tournures de phrases si appréciables à lire.

 

   De toutes les chroniques de John Green, celles qui m’ont le plus touchée sont sans conteste celles abordant les petites choses de la vie, les petits détails auxquels on ne porte pas toujours une grande attention mais qui pourtant éclairent notre quotidien. J’ai aimé me pencher avec l’auteur sur les symboliques du coucher de soleil, le bonheur d’une partie de Mario Kart, les effets du Docteur Peeper ou encore le plaisir de gratter un sticker à odeur. Ce sont ces petites chroniques qui m’ont le plus menée à réfléchir et à observer avec davantage d’intérêt les petites bricoles qui m’entourent chaque jour.

   Bien sûr, John Green s’intéresse également à des sujets plus sérieux et lourds, mettant en place une analyse de notre société et de nos comportements. Mais étonnamment, ce sont ceux qui m’ont le moins convaincue. Je pense qu’avec sa plume intime et sincère, John Green parvient mieux à nous toucher sur les détails que sur les thèmes plus universels. Car dans ce livre, il se dévoile beaucoup à ses lecteurs, en leur révélant ses angoisses, ses obsessions et ses interprétations. N’ayant lu qu’un seul de ses romans, je ne connaissais pas vraiment John Green, et il m’est apparu assez troublé, même très compliqué, mais surtout honnête envers lui-même. A travers les pages, il partage quelques scènes de son intimité, mais il ne cherche jamais à se valoriser ; je dois avoir que j’ai beaucoup aimé cette sincérité qui m’a beaucoup marquée durant ma lecture.

 

   Cependant, il est vrai que cela peut également la ralentir. Dans chacune de ses chroniques, qui tiennent en moyenne sur cinq, six pages, l’auteur fait constamment des digressions sur sa vie personnelle, s’éloignant donc du thème principal de son texte. Et il faut dire que toutes les chroniques ne se valent pas, que quelques une ont tendance à traîner ou au contraire à être précipitées. Le rythme en est par conséquent assez inégal, et j’avoue qu’à partir des trois-quart du livre, j’ai eu du mal à le terminer.

 

   Je voulais également préciser que ce recueil ne s’adresse pas forcément à de jeunes lecteurs, mais davantage à un lectorat plus adulte qui parviendra mieux à saisir les enjeux du texte et à les interpréter. Je pense sincèrement qu’un enfant ou un jeune adolescent passera totalement à côté de cette lecture.

 

 

   Enfin, si une chose m’a vraiment fait sourire, ce sont toutes les petites surprises cachées par John Green au fil des pages. Aux lecteurs : ouvrez l’oeil ! Je vous encourage à absolument tout lire, de la première à la dernière page ; il se pourrait bien que vous y trouviez des petits messages cachés !