Chronique

09/07/20

ALMA, 

Le vent se lève

François Place

1786

Le jour où son petit frère disparaît, 

Alma part sur ses traces, loin de sa famille

et de la vallée d'Afrique qui les protégeait

du reste du monde. Au même moment,

dans le port de Lisbonne, Joseph Mars se glisse

clandestinement à bord d'un navire de traite,

La Douce Amélie. Il est à la recherche 

d'un immense trésor. Dans le tourbillon

de l'Atlantique, entre l'Afrique, l'Europe

et les Caraïbes, leurs quêtes et leurs destins

les mènent irrésistiblement l'un vers l'autre.

Alma, Le vent se lève est le premier volet éblouissant

d'une trilogie d'aventure sur l'esclavage et le combat de l'abolition.

Illustrations de François Place

Edition : Gallimard

Collection : Jeunesse

Pages : 389

          Alma, Le vent se lève est un roman d'aventure palpitant qu'il est impossible de lâcher avant la fin. Une fin d'ailleurs très prometteuse pour la suite de l'histoire, puisque Alma, Le vent se lève n'est que le premier tome d'une trilogie qui s'annonce passionnante.

     Cette aventure aborde un sujet très délicat : l'esclavage et le commerce triangulaire à la fin du XVIIIème siècle. Ce thème universel est un sujet sensible qui provoque de nombreuses polémiques. Alors Timothée de Fombelle est-il parvenu à retranscrire ces événements sans altérer la réalité et les faits historiques ? Pour moi, c'est un grand OUI. L'auteur a su mettre en mots l'horreur de la traite sans pour autant s'embourber dans des préjugés. Nous pouvons remarquer que Timothée De Fombelle n'a pas traité ce thème à la légère, qu'il a effectué de nombreuses recherches. Il maîtrise son sujet. Il n'oublie aucun détails. Ainsi, nous suivons tout le parcours de cet infâme commerce, du continent africain à Saint-Domingue. Les différents points de vue fait que nous pouvons lire des passages de chaque étape du voyage, du pillage d'un village à la capture d'êtres humains, de la vente des captifs à des navires européens jusqu'à la terrible traversée de l'Atlantique.

Cependant, roman jeunesse oblige, nous n'assistons pas à des scènes de grande violence comme il y a pu en avoir à cette époque, mais elles sont sous-entendues, cachées dans les coulisses du livre entre les chapitres.

    Tout le long du roman, nous rencontrons une pléiade de personnages (que je vous laisse découvrir :) ) et naviguons entre deux atmosphères

Dans la première, Alma, une jeune fille noire, part à la recherche de son petit frère qui a disparu. A travers elle, à travers sa quête, nous découvrons les terres d'Afrique et les relations entre les différents peuples qui étaient, pour la majorité, en conflit. Ainsi, les captifs étaient souvent capturés et revendus par les membres d'une tribu ennemie.

La deuxième atmosphère est plus mystérieuse. En effet, nous la vivons aux côtés de Joseph Mars, un jeune garçon blanc qui s'embarque de son plein grès sur La Douce Amélie, un navire de traite français. De ce jeune héros, nous savons juste qu'il a 14 ans et qu'il est à la recherche d'un grand trésor. Mais pourquoi ? Et qui est-il ? Car derrière ses petits airs de gamin, il semble dissimuler de nombreux secrets. Nous n'en savons que très peu sur lui, et même si la fin nous en révèle un peu plus (que s'y passe-t-il ? haha, à vous de lire le livre ;) ), elle apporte davantage de questions que de réponses. Joseph est un personnage très attachant qui se montre aussi bien rusé que débrouillard. Vous l'aurez compris, je l'aime beaucoup. Il parvient même à se rendre indispensable au capitaine du navire, réputé pour son inhumanité et sa cruauté, toutes deux illustrées par une réplique tout à fait... glaçante. Lorsque son employeur (qui répond au nom de Bassac) le questionne sur le secret de son travail, voici ce que répond ce cher capitaine :

 

"- Quelque chose de plus dangereux que la vermine ou les rats qui pourrissent la coque. Quelque chose de redoutable. Il faut en écraser la moindre trace.

- Et c'est ...? demanda Bassac. C'est... ?

- L'humanité."

 

(merci capitaine pour ce doux message de paix)

   Ce roman d'aventure enchaîne rebondissements et découvertes. Il nous tient en haleine (merci à l'auteur pour m'avoir privé de deux nuits de sommeil, suis crevée maintenant xD).

   La plume de Timothée De Fombelle est toujours aussi belle. Son écriture, qui mêle magie des mots et poésie, n'en est pas pour autant difficile à lire. Bien au contraire ! La lecture se fait avec une facilité déconcertante ! ( je parle davantage de la plume de l'auteur dans ma chronique sur Le Livre de Perle, que vous pouvez trouver ici)

   Et n'oublions pas le fabuleux travail d'illustration de François Place, qui a illustré de nombreux passages du roman. Son style graphique s'accorde à merveille avec l'univers de Timothée De Fombelle. François Place avait déjà collaboré avec De Fombelle en réalisant des illustrations pour le roman Tobie Lolness.

    Alma, Le vent se lève est une véritable Ode à la liberté. A lire avec plaisir et sans modération !

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